Boire (de l’eau)

Je bois peu d’eau – mais je la bois au même endroit : dans ma salle de bain, dans un verre , un verre à bord épais, transparent. J’ai bu aussi dans des verres en plastique toujours à bord épais. Cela fait un moment, que je me dit que boire de l’eau est sûrement une expérience que l’on peut vivre au plus-que-présent. J’y arrive maintenant, simplement. Conservation : debout, les pieds bien posés sur le sol, le verre – je suis droitier – dans la main droite (pour une expérience plus forte, on peut le mettre dans la main gauche) – plein d’une eau fraîche mais pas froide. J’approche le verre de la bouche et je pose mes lèvres sur Lire plus …

les frontières du sommeil

Se coucher est un verbe pronominal du plus-que-présent mais ensuite, il s’agit de s’endormir, de dormir, rêver, s’éveiller, tomber de sommeil, somnoler, s’insomnier, se réveiller. Tout d’abord les expériences classiques S’endormir (volontairement) conservation : la conscience d’avoir les yeux fermés anticipation : relâcher le regard, prendre des respirations profondes, se retourner engagement : y voir glisser des étincelles, voir des couleurs dans le noir, regarder au loin les yeux clos, rester sur le dos un moment lâcher-prise : s’abandonner dans cette exploration et tomber dans le sommeil Einstein disait « je dors peu mais je dors vite ». J’y vois là une expression qui décrit le mieux dormir ; une zone inconnue sans espace ni temps, le « vide du plus-que-présent ». Si dormir Lire plus …

Se confiner – un verbe du plus-que-présent

Au lancement de ce blog, j’écrivais que « le temps est venu semble-t-il pour les hommes de vivre l’expérience du plus-que-présent : une conscience nouvelle de soi et des hommes. » Il est probable que le confinement généralisé lié au Coronavirus soit un nouveau marqueur de ce temps venu. Au plus-que-présent, confiner est un verbe plus que jamais pronominal : c’est un verbe d’action. Je ne suis pas confiné > je me confine.  Suivant le niveau de conscience que l’on a du plus-que-présent, se confiner se réalise différemment > ici 3 progressions pédagogiques. Niveau 1 : dans la conception classique du temps et de l’espace. « Le temps s’écoule et l’espace s’emplit. » Conservation : Chez soi. Les meubles, les murs, le plancher, l’eau, Lire plus …

Improviser

Improviser est un verbe du plus-que-présent ; j’en partage ici l’expérience unique. Les critères du plus-que-présent / musique / écriture / peinture / Conservation : S’appuyer sur un socle connu pour ne pas perdre pied et se permettre d’avancer / le rythme, la tonalité / la grammaire, les mots / les couleurs, les textures / Anticipation : Apprécier le chemin parcouru, les contours pour pouvoir imaginer de nouveaux virages / la mélodie, les séquences d’accord, les rythmiques / la ponctuation / la durée de séchage / Engagement : Quitter les sentiers battus, tenter des escapades / un bémol, un dièse, une dissonance, une répétition entêtante, la tenir, l’approfondir / la coordination, la juxtaposition / le trait, le tube / Lâcher-prise : Sentir les vibrations, Lire plus …

Se promener

Quatre expériences simultanées dans la promenade – un parcours d’endroit en endroit. goûter l’arrivée dans un endroit > anticipation identifier l’endroit que l’on parcourt comme un endroit mémorable > lâcher-prise s’engager dans le départ de cet endroit > engagement repenser l’endroit comme un espace-temps unique > conservation > l’endroit est à l’instant, ce que l’espace est au temps. Dans le parc de Versailles, les endroits : le grand champ, le chemin bordé d’arbres plein de gui, l’arrivée sur le canal, la petite Venise, la grille de la reine. Dans le parc de Chèvreloup, les endroits : le grand champ, la cabane de pierre, l’étang, les tuyas, les pommiers de Gally, l’ancien réservoir Dans la forêt de Louveciennes : le château Lire plus …

Prendre un café

Il y a deux expériences : le café solitaire et celui à plusieurs. Je parle de la seconde. Anticipation : trouver sa place autour de la table – à côté de qui, en face de quoi, le dos à quoi et les pieds, … Lâcher-prise : quoi choisir cette fois-ci, que tenter, « tu prends quoi ? » S’engager : ce dernier instant avant d’indiquer – café, demi, Perrier-rondelle, casa, … tenter des trucs, demander la liste des jus, … Conservation : conserver son choix et se préparer à la premier gorgée. Ensuite, les discussions se lancent et l’arrivée des boissons permet à celles-ci de se cristalliser dans le plus-que-présent – car les conversations de comptoir ne se subliment que dans l’instant.

Se coucher

Peu importe l’heure, se coucher est un verbe du plus-que-présent. Il s’agit de passer à l’horizontale. > conservation : cette drôle de sensation qui fait de se coucher une obligation de vie > anticipation : ce moment où l’on sent le moelleux du lit avec la main, qui va imprimer le corps juste après > lâcher-prise : le corps qui se dépose sur le matelas, quelques millisecondes d’apesanteur > engagement : le souffle qui se déclenche vidant d’un coup tout les poumons Avant de s’endormir, il y a dans cette action une première pause du temps et de l’espace : un moment savoureux qui est la frontière entre l’espace animé vertical et l’espace intime horizontal. Elargir cette frontière pour l’occuper Lire plus …

Marcher

Quatre expériences simultanées qui font de ce verbe d’action un verbe du plus-que-présent: sentir les doigts de pied qui s’agrippent aux interstices du sol  > conservation sentir son corps qui s’équilibre sur ses deux pieds  > anticipation sentir les pieds qui se libèrent de la terre > engagement sentir son corps instable, voler  > lâcher-prise >> la marche pleine conscience

Verbes d’action et verbes d’état

Cela commence avec « respirer » : c’est un verbe d’action mais respirer c’est aussi un état – celui de la méditation pleine conscience qui consiste à se sentir agir pour passer dans cet état second : cette expérience du plus-que-présent. De nombreuses actions deviennent alors candidates pour peu que l’on y porte cette attention. Manger évidemment avec cette rencontre du passé et de l’avenir. Marcher qui nous met dans un mouvement régulier passant d’instabilité à stabilité. Naviguer qui nous met dans un mouvement permanent instable. Les actions qui conservent le contexte de départ une fois qu’elles sont terminées deviennent alors toutes de nouvelles expériences du temps et de l’espace. En élargissant le contexte à quelque chose de plus vaste, tout verbe Lire plus …