Écriture improvisée

L’écriture improvisée consiste à écrire sans mots ni alphabet prédéfini, en laissant les signes et la pensée se construire ensemble.

Une feuille, un stylo, quelques minutes. Il ne s’agit ni de dessiner ni de transmettre un message, mais de vivre l’acte d’écrire au plus-que-présent.

Écrire

Conservation : commencer comme une écriture ordinaire, avec des signes inventés, des lignes, des ponctuations, des paragraphes.

Anticipation : laisser les signes déjà tracés suggérer les suivants. Imaginer des prolongements, des changements d’échelle, des retours, des accents.

Engagement : écrire, accélérer, ralentir, reprendre, bifurquer. Penser avec le geste, sans chercher à produire une belle image.

Lâcher-prise : se regarder écrire. Accueillir ce qui apparaît. Un souffle, un sourire : l’écriture et celui qui écrit ne font plus qu’un.

Lire

Une page d’écriture improvisée peut être lue sans connaître son auteur ni chercher à déchiffrer un message.

Conservation : observer les signes, les répétitions, les ponctuations, les espaces et les signatures.

Anticipation : découvrir une grammaire possible : des lignes, des paragraphes, des relations, des ruptures.

Engagement : choisir un parcours de lecture, suivre les signes, revenir en arrière, changer de direction.

Lâcher-prise : laisser naître une évocation : une histoire, un souvenir, une œuvre, une pensée.

Une expérience du plus-que-présent

L’écriture construit successivement des signes qui coexistent dans l’espace. La lecture projette cet espace dans le temps, selon des parcours et des significations toujours renouvelables.

Les quatre forces coexistent dans ces deux expériences.

Écrire et lire deviennent deux portes d’accès au plus-que-présent.

Quelques correspondances

L’écriture improvisée fait écho à l’écriture automatique des surréalistes, qui cherche à libérer la pensée du contrôle rationnel, et à l’écriture asémique, notamment chez Henri Michaux et Mirtha Dermisache, qui explore des signes sans signification linguistique fixée.

L’écriture improvisée au plus-que-présent s’en distingue par l’importance donnée à la conscience de l’acte d’écrire et de lire, plutôt qu’à l’automatisme ou au seul résultat graphique.

L’enjeu n’est pas de créer un nouveau langage, mais d’éprouver la coexistence du geste, de la pensée, de l’espace et du temps.

Exemple 

 

La première ligne est venue comme on aime écrire, enchainer des mots, les voir apparaitre, puis deux virgules à la fin – qui marque un symbole – je passe à la ligne et je continue – l’écriture est plus large, plus ample pour terminer par un ensemble de signes très fins – comme pour rentrer dans le détail, un zoom, l’idée d’un appronfondissement, de créer beaucoup de sens par une écriture très fine et précise puis on passe à la ligne et une ligne de commentaires et après on passe à la ligne ce sont des formules avec le / qui compartimentent des objets et un raisonnement se met en place pour simplifier l’équation en fin je passe à la ligne mais cette fois ci de droite à gauche pour signer.