Les jardins de Versailles

Lenôtre aurait dit à Louis XIV qui évoquait la taille du bassin à construire « Sire, le château risque d’être tout petit avec un bassin si grand. » Et Louis XIV aurait répondu : « Pas du tout, cela dépend de la taille du château ! ».  Voilà un lieu où l’on croise des hommes et femmes du monde entier : un centre de rayonnement à travers le temps et l’espace. L’ambition prend tout son sens ici : la force de la volonté de dépasser les temps et d’inonder le monde de lumière. C’est réussi, on ne peut être insensible à tous ces efforts consentis, à ces rassemblements internationaux, à ces jardins raisonnés, à ces dimensions qui transforme la ballade en promenade.          

Paris – Champion de France

Paris était déjà champion avant de commencer le match. Pourtant, nous allions être émerveillé. Certains héros fatigués, d’autres sur leur garde avant la coupe du monde – le spectacle était dans les tribunes. Les supporters ont littéralement embrasés le ciel, embrassés leur héraut Thiago Motta ovationné et chanté tel Ulysse rentrant d’un long voyage. Quelle ferveur ! Si le match sublime le présent, le stade exacerbe les passions passées pour créer un présent incandescent. Un spectable inouï, ces joueurs de foot sont des influenceurs du plus-que-présent.  

Henri Michaux – le cannabis et le tapis volant

Partir avec Henri Michaux en dehors : s’envoler, s’enfoncer, s’émerveiller aussi… Dans son livre Misérable Miracle, Michaux écrit ceci : « Quiconque prend du haschisch en tant que témoin d’une expérience après avoir pris de la mescaline quitte une voiture de course ou une locomotive électrique de longue distance pour un poney. » Il prend le soin d’ajouter en note de bas de page : « Un poney, toutefois, révèle des surprises qu’on ne peut percevoir à partir d’une locomotive. »  https://sensiseeds.com/fr/blog/henri-michaux-le-cannabis-et-le-tapis-volant-partie/

Les vidéos de Bill Viola – une expérience de l’infini

Bill Viola dit et montre que « L’art doit contribuer à modifier la réalité. » Cette phrase peut sembler bien banale pourtant elle dit aussi que « la réalité est modifiée par l’art. » Ce qui implique bien que ce que nous vivons, ressentons est aussi une production artistique des hommes. La vidéo semble plus ancrée dans le présent que le film – une urgence, une lumière métallique, un rapport à l’actualité – tout cela rend la vidéo plus-que-présente. Alors que certains trouvent cela austère et répétitif, j’y vois moi une boucle qui se rappelle à nous et nous transporte hors du temps et de l’espace. https://www.youtube.com/watch?v=Q8PSW–q8T8

Les robots artistes

Exposition – Artiste & Robots – Grand Palais Les robots sont des créations humaines, des objets, des outils, des processus, des algorithmes, … Ils sont des médias pour développer chez l’homme une nouvelle conscience de lui-même et de son potentiel. Bref, des objets plus-que-présent. L’artiste conçoit et programme le robot pour qu’il réalise des objets artistiques. Il lâche prise sur sa maîtrise du résultat pour développer chez lui et chez moi la surprise du présent. Regarder ces robots/outils créer, ex nihilo ces oeuvres est une expérience complète (émotion, opération, représentation) : Emotion : la dimension plastique du résultat stimule en moi des rétrospections qui réveille mes sens. Opération : le robot agit devant moi et je le vois construire, fabriquer Lire plus …

Réalité augmentée

Augmenter la réalité, voilà bien un projet plus-que-présent. Essayer l’application Ikea et voir apparaître tout à coup en pleine rue, sur le quai de la gare, au milieu du restaurant : un canapé vert. On s’approche on voit le tissu, la maille … On s’y coucherait. Les hommes construisent des dispositifs pour, a-t-on l’impression, se libérer des contraintes du temps et de l’espace. Inconsciemment, n’est-ce pas le contraire que l’on fait : on veut s’inscrire dans le temps et l’espace pour exister en s’équipant de canapés. L’expérience du plus-que-présent nous fait vivre dans le seul projet d’exister dans le temps et l’espace.

A propos

Je m’émerveille depuis longtemps des moments qui passent. J’adore prendre en photo les instants, les moments et voir les gens sourires, rire, me regarder avec un air amusé. J’adore improviser sur mon piano, j’adore imaginer et ne pas y arriver, j’adore dormir, j’adore manger, j’adore le vin, … J’aime ma femme, j’aime mon fils, j’aime tout le monde, … j’adore la vie. Au détour d’un repas, enthousiasmé, ce samedi 14 avril au soir – en parlant avec Juliette et Simon, le plus-que-présent est apparu : c’est ce temps, au-dessus du présent qui relativise le temps et l’espace. Je vous propose de vous conter ici mes découvertes, n’hésitez pas à donner les vôtres. Le temps est venu de se dépasser. Jérome Fraissinet Lire plus …

L’innocence

La créativité et l’enthousiasme de ce jeune restaurant mérite un détour. Intimité de la salle, sourire et concentration de la chef, attention du maître d’hôtel. Les plats s’enchaînent tour à tour régressifs (pain dans l’huile, choux à la crème), minéraux (coquilles saint Jacques, cabillaud nacré), terriens (œuf basse température, volaille croustillante et onctueuse) et aériens (agrumes enfenouillés, oseille musclé). Et des vins sans prétention qui enivrent le plat et les convives d’une douce innocence.