Se coucher

Peu importe l’heure, se coucher est un verbe du plus-que-présent. Il s’agit de passer à l’horizontale.

> conservation : cette drôle de sensation qui fait de se coucher une obligation de vie

> anticipation : ce moment où l’on sent le moelleux du lit avec la main, qui va imprimer le corps juste après

> lâcher-prise : le corps qui se dépose sur le matelas, quelques millisecondes d’apesanteur

> engagement : le souffle qui se déclenche vidant d’un coup tout les poumons

Avant de s’endormir, il y a dans cette action une première pause du temps et de l’espace : un moment savoureux qui est la frontière entre l’espace animé vertical et l’espace intime horizontal. Elargir cette frontière pour l’occuper pleinement c’est le plus-que-présent : transformer une obligation de vie en un émerveillement de vie.

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. » Celui qui sait bien se coucher, pourra accéder aux rêves – s’endormir est une autre frontière.

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