L’Astrance ou le roman culinaire. 

Chaque scène est une histoire à part entière qui comme les parfums a ses notes de tête (croquant, épicés, zestés) puis de cœur (velouté, jus, mâche) et de fond (multiples herbes, grillé, frit, bois) qui restent longtemps. Longtemps pour qu’on s’y retrouve : un déjeuner en famille, une odeur oubliée, un voyage passé ou rêvé, des vins complexes à deviner, des terroirs à imaginer, une discipline de dégustation, un hôte à découvrir.
Puis les scènes s’articulent dans une intrigue historique : le décor (champignon fois gras), un récit de voyage (crevettes citronnelle), la mémoire d’un lieu (saint pierre figue), le souvenir d’une tradition (poularde sauge), l’expérience d’un terroir (canard coings), la subtilité du repos (vanille pomme de terre), l’anecdote piquante (piment gingembre), le final heureux (chocolat agrume) et l’épilogue moral (jus de poule fruits). Chaque plat a son identité, les saveurs y sont si subtilement agencées qu’on se souvient du goût longtemps après comme si on l’avait toujours connu.
Le sentiment exceptionnel d’avoir transcendé le temps et l’espace pour y retrouver la culture et les racines de l’humanité (un peu de lyrisme n’a jamais fait de mal).

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