La course du Rhum

Quel voyage ! Loïc envoie un message sur Whatsapp : la course démarre dans 10 minutes. Je télécharge l’application, choisis le plus grand des bateaux et c’est parti ; nous voilà 150 000 sur les mers déchaînées.

Une expérience d’ubiquité. A la radio, dans les embouteillages le matin, j’entends les problèmes météo et les avaries diverses ; en arrivant, je vérifie le cap, prévoies la route jusqu’à la fin des réunions de la matinée. A midi, je partage ma position avec mes collègues marins qui m’aident à me placer dans le vent et la direction. Le soir je rectifie le cap tout seul – je me suis enlisé au cœur des dépressions et j’ai perdu 3 jours à cause de ça. A l’arrivée, passer la bouée et surtout être vigilants avec les côtes car l’arrivée en Guadeloupe est rapide.

J’ai notamment en mémoire ce moment du 5 novembre matin vers 7h10 sur les bords de la seine à Paris (au niveau du Palais de Tokyo) : entendre l’avarie de Sébastien Josse à la radio et moi de regarder la position de mon bateau – je me suis déplacé à une vitesse infinie. Du plus-que-présent à tout point de vue. Anticipation (prévoir les vents), Lâcher-Prise (la nuit laisser le bateau aller), Engagement (le jour s’interrompre pour s’orienter), Conservation (partager ensemble cette aventure).

Je l’ai donc classé dans « Voyages » car « le voyage c’est une collection de moments, d’instants et d’ivresses. Voyager, c’est ainsi se lancer dans le présent avec détermination. Certains s’y préparent, d’autres improvisent … Dans chaque voyage, subsiste des traces des hommes : il s’agit de les faire revivre en soi, au plus-que-présent. »

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