Chez Antoine – Paris

Après la visite de l’exposition Zao Wou-Ki (l’Espace est Silence), sur le bord de Seine, Antoine sert une cuisine parisienne et généreuse ; de poissons.

Quelques accras et mousse d’anchois pour ioder le décor. Puis une marinade au citron noir d’Iran vient écarquiller les papilles pour donner au poisson toute son exhaustivité. Je réalise tout à coup que le poisson vient de loin, très loin : sous l’eau, de par les mers et les océans, il a voyagé en groupe serré, failli périr 1000 fois, puis est pêché au cœur d’une nuit d’été, ramené par bateau à l’aube, vendu à la criée et convoité par camionnette, rangé dans le frigo avant d’être délicatement cuisiné puis déposé, ici, devant moi. L’expérience du poisson frais c’est aussi du plus-que-présent.

Après ce premier voyage, la pêche côtière en cocotte. Dans ce balluchon, le mélange des saveurs est une potion historique : cueillette d’herbes aromatiques, noirmoutiers croquantes, coquillages sonores et jus astromatique. Accompagné d’un Château des Sarrins 2012 blanc secret, l’accord parfait.

Des desserts parisiens sans prétention pour terminer le repas. Terminer un repas n’est pas facile, j’y reviendrai – c’est un reprend prise.

Au cœur de Paris, le service est parisien (pressant, courtois et distant, parfois amusé , international aussi). Dimanche midi, c’est aussi les rencontres de famille, une pause dans la semaine – un souffle.

Le plus-que-présent c’est aussi la capacité que l’on a à se transporter avec peu de chose : quelques mots (citron noir d’Iran), quelques gouttes de vin, l’imagination de la vie d’un poisson.

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