Bretagne – Finistère sud

Plusieurs découvertes lors de ce voyage en Bretagne. Sur un bateau, l’espace et le temps sont distendus : les marées changent les hauteurs, les étoiles bougent, les vents sont redirigés par les voiles, les côtes fractales sont infinies. Pour avancer, certains utilisent des cartes (anticipation et engagement) : l’espace devient dual (celui de la carte et celui parcouru). La navigation en mer à la force du vent permet d’expérimenter la notion de vitesse apparente (vent au près vs vent arrière) : comment savoir finalement, si on avance, où l’on avance, où l’on est : le temps et l’espace sont confondus. Pour aller à droite (tribord), il faut mettre le cap en face et virer : l’espace est tordu. Les frontières sont Lire plus …

Le Luberon

Au cœur de l’été, au cœur de la Provence. En haut, dénudé. On prend de la hauteur, espace-temps suspendu. Le matin, avant l’agitation de la journée, le soir pour contempler celle qui s’achève. En bas, habité. On prend le temps d’observer, l’espace-temps attendu. Et les repas ensemble – espace-temps introspectif. Les vins et les caves, la force du terroir – point d’accès au plus-que-présent.

Sidi Bou Saïd – la première pause spatio-temporelle du monde

Réunion plénière de Decade en Tunisie – Sidi Bou Saïd. Ce matin accompagnée de quatre collègues tunisiennes, nous visitons Sidi Bou Saïd. C’est un lieu mythique –  premier site classé du monde en 1915 pour préserver ce lieu d’exception. Des couleurs merveilleuses, un panorama exceptionnel, un village entre ciel et mer, lieu d’élévation. Sidi Bou Saïd y a enseigné le soufisme. Le Café des Délices : face à la mer et ces montagnes escarpées, tout est propice ici à la méditation lente et bienveillante mais aussi à la fête scintillante et joyeuse. Quelques poètes lisent en musique cette douceur et cette mélancolie passagère si tunisienne.      

Venise

Venise – « hors sol » Au dessus de l’eau comme au dessus des nuages, cette ville incarne la protection arrogante d’un peuple contre des invasions barbares. Apres ces siècles de rayonnement, l’artifice culturel cède semble-t-il la place à l’artificiel mondialisé. Restent les traces de marchands et de marins qui font perdurer, mélancoliquement, l’utopie d’une ville – extraordinaire. Un temps magnifique, des pâtes d’exception. Venise – « les ors oubliés » Vivre si près de l’eau a aidé des hommes à prendre des risques. Accepter ces bénéfices aléatoires a développé des pratiques singulières : dévotion, donnation, mécénat … Les risques ne sont plus pris et la Cité des masques continue de vivre des nostalgiques fastes d’une vie passée. Un vent Lire plus …

Lisbonne

Lisbonne – la Baixa. En pleine conquête du monde, un séisme – 1755 – permet d’ouvrir la ville sur l’horizon. On viendra de loin, pour se retrouver, se nourrir, se voir, s’apaiser. Dans ce quartier, tout est fait pour adoucir le retour du voyageur (la lumière apaisée par les reflets, les pas par le pavage lisse, les étals par les poissons frais, les azulejos souvenirs) – entre deux eaux – l’envie de partir et l’envie de revenir. Une belle première journée. Lisbonne – Bélem. Pour protéger et accueillir les explorateurs commerçants – rien n’est laissé au hasard : citadelle, châtaignes chaudes, somptueuse cathedrale et musée d’art contemporain. Plus loin, les azuléjos, ces carreaux qui cristallisent les époques. Enfin, ce soir Lire plus …

Chenonceau – Le film des saisons

Catherine de Medicis après avoir expulsée Diane de Poitiers, assura depuis un petit cabinet vert la régence. Impressionnant d’imaginer régner sur la France depuis un si petit endroit au bord de l’eau. Elle rajouta aussi sur le pont les deux étages pour y retrouver sa Florence lointaine. Les divertissement d’alors prenaient du temps : construire un château, regarder le film des saisons dans les jardins, préparer les fêtes …  

Utah Beach

View this post on Instagram Utah Beach – plage de bombes. Le redoutable, sous-marin nucléaire, pleins de bombes. La Hague – des dizaines d'année d'énergie enfouies. Flamanville, de l'énergie pure en bord de mer. Le Cotentin est un bout de terre, accueillant, calme – une responsabilité inquiétante pèse sur ce territoire. A post shared by Jerome Fraissinet (@jerome.fraissinet) on Oct 29, 2015 at 12:43pm PDT